Toujours amoureux du Laos

Nous passons la frontière et nous retrouvons au Laos, ce pays qui nous a tant plus il y a 3 ans et demi et où nous nous étions juré de revenir… pari dangereux car il implique le risque d’être déçus ! Une première impression que nous ressentons fortement lorsque le bus nous abandonne au bord de la route face à l’embarcadère desservant l’île de Don Det, une des îles de l’archipel des 4000 îles parsemant le fleuve Mékong au sud du pays. Nous n’avions nullement prévu cette destination au programme mais elle s’y impose subitement, probablement suite à une petite commission donnée par le conducteur de bateau au chauffeur, qui a fait oublier à ce dernier où il était réellement sensé nous déposer. Forcés et contraints, nous embarquons, dans la lumière du soleil couchant, dans le bateau nous menant à Don Det, petite île bâtie de bungalows bon marché pour backpackers en mal de cocktails (servis en « buckets »), de fruit shakes et de pizzas version « happy », c’est-à-dire améliorés selon l’humeur du cuistot de marijuana, de champignons ou de yaba (les métamphétamines locales). Tiens, un léger air de Vang Vieng règne ici. Ce n’est pas trop notre trip cette version du Laos dénaturée par un tourisme décadent et où, en retour, le touriste est plus considéré comme du bétail que comme un être humain! Nous y passerons finalement quand même une bonne soirée à discuter avec un sculpteur portugais et un couple germano-russe en sirotant des Beer Lao dans de grands verres remplis de glace pillée (c’est ainsi que la bière nationale se boit ici). Le lendemain matin, nous nous dépêchons de fuir l’endroit par le premier bateau afin de nous rendre à notre destination initiale, Don Khong, la plus grande des îles de l’archipel, bien plus authentique et relaxante. Malgré la chaleur accablante (on dépasse toujours les 40°C), nous partons en faire le tour à vélo… une quarantaine de kilomètres qui nous sembleront bien longs dans la fournaise ! Tout comme au Cambodge, la nature est fortement brûlée par le soleil les habitants sont invisibles, se protégeant du soleil brûlant dans ou sous leurs maisons … il nous reste les buffles, mais même eux semblent déprimer, privés de leurs flaques de boue où ils pataugent en général ! Nous traversons tout de même quelques rizières bien vertes pourvues d’un ingénieux système d’irrigation qui permet 3 récoltes par an au lieu d’une seule. Epuisés et ruisselants, Nous faisons une pause dans une petite superette qui fait aussi office de bar et resto… Nous regardons avec envie ce que nous croyons être des spare-ribs grillent sur le barbecue, émettant une délicieuse odeur de viande. Les 3 clients présents, déjà grisés par le laolao (l’alcool de riz local) commencent rire aux éclats. Ils nous désignent successivement la grille du barbecue et un chien dormant sous la table… OK, c’est du chien, nos envies de spare-ribs s’évaporent instantanément, mais nous nous retrouvons bien obligés d’en goûter au moins un petit morceau lorsqu’ils nous le proposent, taquins… résultat : une viande sèche et coriace, qui ne vaut vraiment pas un bon gros steak ! Nous en faisons bien vite passer le goût par un petit shot de laolao…



La chaleur nous abat, l’absence d’habitants nous déprime, les endroits trop touristiques et pas assez humains nous déçoivent, la fatigue du voyage long terme nous prendrait-elle, sommes nous en pleine baisse de régime? Pas question de se laisser abattre, nous voyageons pour en profiter ! Nous décidons donc de nous rendre sur le plateau des Bolovens, qui bénéficie d’un climat plus frais. Après quelques heures de bus, nous atteignons Tat Lo, un village construit au bord d’une rivière, et à partir duquel il est possible de faire pas mal de balades dans les villages voisins, très traditionnels. Une des guesthouse du village possède 3 éléphants, qui se baladent librement dans le coin et broutent paisiblement. Chaque jour, leur cornac leur lave le dos dans la rivière, au ravissement des spectateurs, locaux ou étrangers.




Et là, ca y est, nous le retrouvons notre Laos d’antan, ce Laos tellement simple et humble que nous avions tant aimé. Pour vous raconter le Laos profond, j’ai choisi de ne vous en raconter qu’un instant, bref mais tellement beau, qui suffit à résumer la vie ici. En fin de journée, nous nous rendons dans un petit village voisin de Tat Lo, construit de maisons de bois sur pilotis. Entre les poules et les vaches, des enfants parcourent en courant ses ruelles de terre, venant à notre rencontre le regard empreint de curiosité. Nous les suivons et descendons vers la rivière dans la douce lumière descendante. La rivière, peu profonde, circule entre de grosses pierres et le courant forme des remous aux endroits peu profonds. Le long de la rive s’alignent de petits jardins d’herbes et de légumes, délimités par des barrières construites en bambous. Une adolescente en sarong arrose méticuleusement les plantations, faisant des allers-retours vers la rivière pour remplir son arrosoir. Sur l’autre rive, une vieille femme attrape des larves de fourmis dans les arbres, à l’aide d’un panier porté au bout d’un long bâton. Nous nous demandons si c’est le dessert pour ce soir ou carrément le repas en lui-même (n’oublions pas que, malgré le sourire et la douceur de ses habitants, le Laos est un des pays les plus pauvres du monde). Des enfants plongent depuis de gros rochers et se laissent entraîner par le courant comme dans un toboggan aquatique, ils jouent, nagent et s’éclaboussent dans de grands cris et éclats de rire. Au bord de l’eau, des femmes habillées d’un sarong lavent du linge, le frottant vigoureusement contre une pierre plate pour plus de propreté. Un jeune père de famille baigne affectueusement son bébé et le lave. Il le fait glisser dans le courant sur une pierre lisse, ce qui fait rire le petit aux éclats. Une femme portant un grand chapeau pêche à l’aide d’un panier en osier en forme d’entonnoir. Plus en amont, un père de famille embarque dans une petite barque avec 2 de ses enfants, les aînés, et les emmène dans une partie calme de la rivière, où il leur enseigne patiemment l’art du lancer du filet de pêche.




A un moment, les habitants du village affluent, vêtus de sarong et portant leurs affaires de toilette dans de petits paniers en plastiques. C’est l’heure des ablutions. Gênés, nous décidons qu’il est temps de partir et de les laisser à leur « intimité », guidés par notre éducation bien occidentale.



Ces scènes de vie tellement humaines, d’une simplicité et d’un naturel appartenant à une ère définitivement révolue pour les européens que nous sommes, il suffit, lors d’une balade dans la région, de garer la mobylette au bord de n’importe quel pont surplombant une rivière pour les vivre encore et encore, discrètement assis sur la rive. Et, à discuter avec les Laos, on se rend compte que, malgré leur grande pauvreté et l’absence de biens matériels, ils sont un peuple heureux, dont la première qualité est de se désintéresser de l’argent et du profit, tant qu’ils ont de quoi vivre au jour le jour. « Demain ? Pourquoi s’en inquiéter, tu ne sais pas ce qu’il peut t’arriver. L’important, c’est maintenant ». Et quand on leur parle des pays occidentaux et de leur confort de vie, ils haussent les épaules et te répondent que l’éden est probablement au Laos, étant donné que « les Falangs (les blancs) qui y viennent ne désirent qu’une seule chose, c’est y rester ». :-) Pourquoi vouloir vivre dans un pays froid où chacun s’enferme seul chez lui face à sa télévision individuelle, alors qu’ici, c’est tout le village qui se réunit pour la regarder une fois la nuit tombée, et qui rit, qui s’indigne, qui discute ou qui chante ensemble (oui, ici encore, le karaoké remporte un vif succès, quand les habitants savent lire). Le Laos a de belles leçons à nous donner, nous ouvrons de grandes oreilles pour les recevoir et essayer de les garder…



Nous passons une grosse semaine dans notre petit cabanon au fond des bois, à profiter de Tat Lo et de ses environs. Durant cette semaine ont lieu le tremblement de terre et le tsunami au Japon. A Tat Lo, personne n’est au courant de rien et nous en entendons finalement parler 2 jours plus tard par l’intermédiaire de SMS envoyés par nos familles. Nous prenons par conséquent des infos sur internet (qui était de prime-à-bord beaucoup trop cher dans ce coin paumé du monde, mais qui devient bien utile dans de telles circonstances, en l’absence de tout journal écrit ou de télévision satellite). Les nouvelles nous laissent inquiets et horrifiés par l’ampleur des pertes humaines et des conséquences environnementales. Les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima menacent d’exploser. Les nations du nord tremblent devant la menace d’un nouvel accident nucléaire. Et ici, personne n’est au courant de rien. Nous nous demandons si ca aurait aussi été ainsi en cas de passage d’un nuage radioactif comme celui de Tchernobyl. Ces hauts parleurs qui braillent du matin au soir et nous réveillent chaque jour à l’aube, diffusant on ne sait quels messages, auraient-ils averti les habitants de se cloisonner, eux et leurs innombrables enfants, dans des bâtiments de béton si rares dans la région ? Non, il est fort probable que, dans un tel cas, l’information soit simplement tue pour éviter tout mouvement de panique.



Après une grosse semaine à profiter de ce village du bout du monde, il est temps de revenir à la réalité et de rejoindre la capitale, où Phil a rendez-vous avec un représentant des Nations Unies du Laos. Suite à son contrat de volontaire au Burkina Faso, il les avait contactés pour leur proposer ses services de photographe bénévole. Deux longues journées de bus nous emmènent vers un énorme double cheeseburger-frittes, un véritable festin après 3 semaines de riz et de soupes aux nouilles. Un régal dégusté dans un petit bar belge, le Chokdee Café, tenu par Vincent, originaire d’Arlon, qui exporte nos bonnes vieilles bières et recettes du terroir. La température est descendue à 14°C et il pleut (exceptionnel pour la saison, normalement chaude et sèche, les locaux nous disent ne jamais avoir vu cela - encore une anomalie climatique de trop de laquelle nous auront été témoins pendant notre voyage dans les pays du sud !). Un froid pluvieux, une bonne bière belge, un tableau de suggestions proposant chicons gratins, waterzooï et carbonnades, une déco et une ambiance de brasserie bruxelloise, on se croirait presque rentrés à la maison :-) Entre 2 réunions avec l’ONU, nous découvrons Vientiane, petite capitale tranquille, à l’image du reste du pays, qui se met doucement en marche vers la modernité, « sassa » comme on dit ici (doucement, doucement). Le soleil étant revenu, nous en parcourons les rues à vélo, traversant ses temples, ses centres commerciaux en phase de modernisation, les abords du Mékong où s’installent de petits vendeurs de nourriture et où les locaux viennent faire un peu de sport « en parc », sur des machines de musculation en plein air. Nous allons admirer le Tat Luang, véritable emblème dorée de la ville, et tombons par hasard sur un petit festival. Des tentes ont été dressées à l’extérieur du temple, proposant nourritures et boissons. Les gens font la fête en famille et entre amis, et s’adonnent à leur activité préférée, le karaoké, chantant dans un micro qui tourne de main en main dans la foule. De temps à autre, ils partent en groupe derrière un moine faire le tour du temple en chantant. Le cortège brandit des banderoles de billets collés les uns aux autres et récolte les dons de la foule généreuse. Des fidèles quittent le cortège et montent les marches du temple, à l’intérieur duquel sont scandées des prières, interrompues par moment par des jets de riz au sein de la foule et ponctués d’éclats de rire. Puis la prière reprend, avec le plus grand sérieux.



Notre arrivée ne passe pas inaperçue. En 2 secondes, je me retrouve embarquée par Noï, une jeune laotienne, qui m’installe à sa table familiale, me baragouine les 3 mots d’anglais qu’elle connait, et m’initie au sport du jour, à savoir l’à fond de Beer Lao (oui, parmi les 3 mots d’anglais de Noï, il y a Bottom-up). OK c’est bon, je connais, mais nous sommes en pleine après-midi, il fait 35°C, je n’ai rien mangé de la journée, j’essaie de refuser poliment, elle le prend comme une offense, OK nous nous inclinons avec Phil qui m’a rejointe. Le festival se termine relativement tôt, mais l’hospitalité de Noï ne s’arrête pas là : elle nous emmène dans sa maison familiale où la fête continue, à grand coups de casiers de Beer Lao. La sono à fond, les voisins rappliquent et font la fête avec nous, tout le monde boit et danse dans une bonne humeur et un partage bien laotiens. Et oui, la fête fait partie intégrante de la culture laotienne, et nous découvrirons vite que quelques verres suffisent à décoincer ces gens d'ordinaire réservés.



C’est donc un peuple accueillant, festif et d’une simplicité et d’une humilité touchantes que nous avons retrouvé au Laos, tel celui que nous avions quitté il y a 3 ans de cela.




Retrouvez notre sélection de photos du Laos sur http://www.facebook.com/album.php?aid=265555&id=591557223&l=bfc129c887







Cambodge: entre merveilles et horreurs du passé

Depuis Bangkok, un bus nous emmène à la frontière cambodgienne, où nous seront vite pris en otage par la mafia des taxis (le Lonely Planet nous avait prévenus, mais on s’est levé trop tard et on a raté le seul bus public !), et, ne pouvant faire autrement, nous nous résoudrons à payer le prix fort pour rejoindre la ville de Siem Reap (si 10 euros peuvent être considéré comme un prix fort pour 2 heures 30 de taxi).


Une surprise nous attend là-bas. Après avoir traversé des paysages très ruraux, de paysans travaillant leur champ à la main et avec des charrues tirées par des buffles, et replongé de 50 ans dans le passé niveau progrès comparativement à la Thaïlande, nous découvrons le quartier touristique de Siem Reap, extrêmement développé et qui regorge de ressort luxueux et de petits restos et bars sympas. Nous y trouvons une guesthouse plus modeste et partons déguster un délicieux repas dans une ambiance décontractée de bougies et fontaines… Au menu, l’amok, le plat national : du poisson cuit dans une feuille de bananier avec de la citronnelle, du lait de coco et du piment, qui fait un bien fou après la journée passée sur la route!


Par contre, lorsqu’on sort du quartier touristique de Siem Reap, on se retrouve au Cambodge, le vrai, l’authentique…. des pistes de poussière rouge, des maisons de bois sur pilotis le long de la rivière, des rizières à profusion, des moines qui sillonnent les rues, protégé par leur ombrelle orange, qui retournent au temple leur bol à riz sous le bras après avoir récolté l’aumône, des enfants partout, de tout âge, à pied ou à vélo, dans un arbre ou dans la rivière, qui nous saluent de « hello, how are you ? » dès qu’ils en ont l’occasion. Nous nous rendons vite compte que les Cambodgiens sont un peuple accueillant et bavard, et que de nombreux habitants possèdent un anglais particulièrement bon et aiment le pratiquer, à notre plus grand plaisir.


Nous rencontrons Paw, un jeune cambodgien qui, comme la grande majorité des hommes travaillant dans la zone touristique de Siem Reap, est conducteur de tuk-tuk. Nous l’engageons pour une journée à circuler dans le complexe des temples et, même si la communication est parfois compliquée par son anglais approximatif, nous découvrons en lui une personne profondément bonne, honnête et simple. Je ne sais combien de fois Paw nous a répété être trop heureux d’avoir du travail. Il nous confie qu’il a acheté son tuk-tuk il y a quelques mois et rembourse tant bien que mal le prêt qui lui a été accordé. Tant bien que mal car, même si il ne demande qu’à travailler, l’offre des tuk-tuks dépasse largement la demande, et il a un peu de mal à harceler les touristes comme le font trop d’autres conducteurs. Nous l’engageons pour plusieurs jours cette semaine, ayant décidé de passer 3 jours sur le site d’Angkor, et d’aller visiter le village flottant tout proche. Un jour, il nous emmène chez lui et nous présente à sa femme et sa petite fille de 18 mois. Tous trois, ils vivent dans une pièce de 18 mètres carrés environs, comportant un lit double, les accessoires de toilette et de cuisine dans un autre coin, et un petit autel consacré à Bouddha et aux esprits. En plus du prêt pour son tuk tuk et de son loyer, Paw aide financièrement ses parents, trop vieux et trop malades pour travailler. Il redoute le début de la scolarité de sa fille, ne sachant comment il y fera face. Touchés par ses difficultés, sa famille et la simplicité de son logis, nous tentons de l’aider tant bien que mal, lui envoyant par la suite plusieurs touristes rencontrés sur la route et à la recherche de bons plans pour la Cambodge. Et aux dernières nouvelles, ca fonctionne plutôt bien, à notre grande satisfaction.


Nous passons donc la semaine ensemble, à visiter l’immense complexe des temples d’Angkor. De difficiles réveils matinaux nous permettent d’assister au lever du soleil sur le temple d’Angkor Wat… parmi une foule d’au moins 300 autres touristes ! Et oui, nous ne sommes pas les seuls à être matinaux et à l’affut d’une belle photo et le site est particulièrement touristique (rien d’étonnant au vu de sa beauté). Nous fuyons vers des temples plus petits et moins courus, et nous amusons comme des gosses à jouer à Indiana Jones et Lara Croft, parcourant les couloirs labyrinthiques, escaladant les escaliers et les tas de pierre, et franchissant des portes pour découvrir de nouvelles salles et des ruines cachées parmi les racines des arbres qui s’y sont établis. Nous sommes séduits par ces vieux murs de pierre grise, couverts de lichens rouges et verts pâles, et par les énormes visages sculptés dans la pierre. Une merveille de notre monde qu’on ne voulait pas manquer, et qui vaut largement sa réputation. Après une semaine passée ici, il est temps de reprendre la route. Paw nous conduit à la gare routière et c'est la gorge nouée qu'on se fait nos adieux. Lors d’un arrêt du bus, on découvre quelques snacks cambodgiens surprenants: les araignées frites dans l’huile et l’embryon de poussin au sucre (un véritable embryon avec des ébauches de plumes et de petits os, beurk). Et pour ceux qui se poseraient la question, franchement non, nous n’y avons pas goûté, trop répugnants.


Même si c’est un très beau pays, nous avons trouvé le Cambodge rude au niveau sentimental : le fossé entre les classes sociales de cette société se creuse énormément, et les plus pauvres affichent ostensiblement leur très (trop) grande misère. Les difficultés de Paw à boucler ses fins de mois, la mendicité, présente partout nous ont laissé une boule dans la gorge : les enfants des rues, tellement nombreux et tellement présents, les victimes des mines antipersonnelles, etc.... me touchaient chaque jour énormément. Il suffit d’aller manger un bout sur une terrasse à Siem Reap, de parcourir les temples d’Angkor, de flâner le long de la rivière à Phnom Penh, ou de se prélasser sur la plage à Sihanoukville pour que les sollicitations à acheter ou à donner pleuvent sur le touriste. Vient alors la grande question éthique du « faut-il donner ou non ?». Pour nous, pas question de donner de l’argent à enfant qui mendie, OK pour l’emmener manger mais hors de question de l’encourager à tendre la main ou d’encourager les réseaux organisés de mendicité. Mais ce n’est pas toujours facile de dire non à ces bouts de chou adorables et pas plus hauts que 3 pommes qui nous lancent des regards implorants. Par contre, pour ce qui est des victimes des mines, il est difficile pour eux de survivre autrement dans une société totalement dépourvue de système social. Certains s’en sortent dignement, vendant des cartes postales ou créant de petits orchestres se produisant dans les allées des temples d’Angkor. Mais certains, amputés de tous leur membres, ne peuvent faire que mendier, et nous, leur donner. Franchement, je suis restée muette d’admiration et de respect face à ces hommes qui, après avoir fait un « mauvais pas » trouvent encore le courage de se battre pour vivre dignement.


Bien que le pays se relève petit à petit de son passé tourmenté encore récent, fait de guerres civiles, de la dictature inhumaine des Khmers rouges, des famines et épidémies qui se sont succédées, d’exodes de sa population terrorisée, on ressent encore aujourd’hui le passé tragique de ce peuple. Chaque Cambodgien de plus de 35 ans a vécu la faim, les maladies, les camps de travail, la peur de la torture et des camps d’extermination de l’atroce régime communiste des Khmers rouges, puis la peur des bombardements et des mines posées pendant toutes ces noires périodes. Nous visitons à Phnom Penh la tristement célèbre prison S-21, une école transformée en centre de torture sous le régime de Pol pot : boulversant. Plus de 20000 personnes ont été enfermées dans ses murs, dans de petites cellules de 80 cm sur 1.80m, forcées d’avouer des crimes « contre le régime » dont elles étaient le plus souvent innocentes ou qui n’avaient rien d’un crime (genre d’avoir eu une éducation universitaire). Le simple fait de porter des lunettes (y compris pour les enfants) était suffisant pour être considéré comme intellectuel et donc « à exterminer ». Une fois leur crime avoué, après des heures de torture ignoble en continu, elles étaient envoyées par convoi au centre d’extermination où les gardes les achevaient, menottées dans le dos et aveuglées par un bandeau, leur fendant le crâne à des coups de bâtons, avant de les enterrer par dizaines dans la même fosse. Beaucoup de corps ont été déterrés, mais l’érosion fait encore remonter des restes de vêtements et d’os sur les chemins que nous parcourons sur le site, nous faisant frémir d’horreur. Telle la visite d’un camp de concentration, ces lieux sont difficiles à encaisser, mais sont un nécessaire témoignage du terrible passé de ce pays.


Pour un peu plus de légèreté après ces visites macabres, nous partons respirer un bol d’air frais en bord de mer, à Sihanoukville. Phil y était passé il y a 5 ans de cela et est profondément surpris par le développement touristique qui a eu lieu ici en aussi peu de temps… la côte est bordée de resto et de bars au toit de paille. Nous profitons de la mer à 30°C et des plateaux fruits de mer et de poissons grillés au barbecue, dégustés le soir sur la plage, confortablement installés dans un fauteuil face à la mer sous la voie lactée. Très vite lassés de passer nos journées à faire les crêpes sur la plage (il nous aura fallu 2 jours !), nous partons explorer la région en mobylette… mais nous ne découvrons que des villages déserts et des paysages de désolation. On est presque à la fin de la saison sèche et en plein cœur de la saison la plus chaude, la température est difficilement supportable, les rizières sont brûlées par le soleil ou par le feu, et les gens se cachent à l’intérieur des maisons. Une nature morte et des gens cloitrés chez eux : on se croirait chez nous en hiver ! Nous reprenons la route vers Kratie, au nord est du Cambodge. Là aussi, dans la chaleur accablante, la vie tourne au ralenti. Dans la fournaise, nous partons découvrir une petite île et ses petits villages tranquilles aux maisons en bois sur pilotis…. Nous y rencontrons… des vaches, les seuls êtres à ne pas se cacher de ce soleil brûlant. Au cours d’une promenade en bateau sur le Mékong au coucher du soleil, nous avons aussi la chance de croiser plusieurs dauphins de l’Irrawaddy, une espèce fortement menacée dont il ne reste que 70 individus sur la partie cambodgienne de ce fleuve. Ayant lu cela, je suis plutôt pessimiste et, en montant dans le bateau, parie d’emblée que nous n’en verront aucun ce jour-là… le coquin a du m’entendre car il ne lui faudra que 15 secondes pour pointer le bout de son nez. Je suis sûre qu’il avait passé un accord avec Phil, qui gagne une bière du coup :-)… moi j’y ai gagné un moment magique, dans le calme du fleuve et la lumière du soleil couchant, à observer de petits groupes de dauphins venant passer la tête, les oiseaux s’envolant des centaines de petites îles au milieu des eaux et les pêcheurs sur leur barque lançant leur filet. Un moment magique avant de laisser le Cambodge derrière nous pour rejoindre le Laos, que nous avons tant aimé lors de notre précédente visite il y a 4 ans.


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Réunion de famille en Thaïlande

Nous revenons sur Bangkok et nous installons dans notre petite guesthouse habituelle (Buri Bed and Breakfast, 500THB, Station BTS Thonglow pour ceux qu’une bonne adresse intéresse) avec un peu l’impression de revenir à notre seconde maison. Phil et moi sommes toujours heureux d’y retrouver le grand sourire de la petite dame et son mari (dont on oublie chaque fois les noms). Ils n’ont pas changé, elle toujours aussi rondouillette et bienveillante, ils ne comprennent toujours pas un mot d’anglais et nous ne parlons toujours pas thaï (comme c’est par contre le cas de la plupart des résidents), donc, comme d’hab, notre réservation n’est pas notée et on communique par langage des signes… avec le sourire, comme d’hab aussi. Nous partons ensuite dans la jungle urbaine en quête des visas requis pour nos prochaines destinations et de matériel photo pour Phil (direction le Pantip Plaza, véritable caverne d’Ali Baba pour tout ce qui est matériel photo et audiovisuel pour les intéressés à nouveau).




Bangkok n’a pas changé, c’est toujours un enchevêtrement aérien de plateformes piétonnières et routières et de bretelles ferroviaires du skytrain, et au sol, une forêt de gratte-ciels entre lesquels trônent des temples et des parcs, dans un curieux mélange de béton et de palmiers, de moderne et d’ancien, de luxe excessif et de pauvreté et puanteur choquantes. Les trottoirs sont parsemés de petits stands de rue vendant de la nourriture variée, alléchante ou parfois repoussante. Comme les Thaïs, nous mangeons à toute heure et nos pérégrinations dans Bangkok sont parsemées de petits arrêts gourmands: dims sums vapeurs, riz gluant à la mangue et au lait de coco, poulet sauce gluante (très gluante, trop gluante, non finalement ce n’est pas mauvais du tout), fruits tropicaux frais, petites brochettes variées (déconseillées à l’exception des boulettes) dégustés dans la rue en observant la foule grouillante et colorée ou au bord d’un plan d’eau, dans le havre d’un parc où les Thaïlandais viennent se relaxer en famille ou en amoureux. Et quand ce n’est pas dans la rue que nous mangeons, nous profitons des buffets kilométriques des foods halls.


Le lendemain, nous partons à l’aéroport accueillir mes parents qui ont traversé les continents pour nous rejoindre en Thaïlande. Au programme : voyage sac à dos et « à notre façon » pendant une semaine, puis ils enchaîneront avec 2 semaines de tour de la Thaïlande en circuit organisé par un tour opérateur, dans des conditions plus confortables.


En skytrain, en métro ou en bateau public, nous leur faisons découvrir les malls à la taille et au luxe démesurés, les temples en bord de rivière, les petits marchés de rue et leurs délices culinaires, les parcs, etc… Nous finissons la journée par un apéro au dernier étage de l’Hilton, avec vue panoramique sur Bangkok qui s’illumine petit à petit.


Après la découverte de cette jungle urbaine, un train nous emmène en direction du calme de Kanchanaburi et de la rivière Kwai, et des montagnes qui apparaissent au loin… Les paysages défilent, de plus en plus ruraux, tandis qu’on s’éloigne de la fièvre citadine de Bangkok… Nous arrivons dans cette petite ville beaucoup plus calme et profitons du marché du soir, où on vend essentiellement… de la nourriture :-) Ce n’est pas à des gourmands comme nous qu’il faudra le dire 2 fois : nous passons de stand en stand et profitons de l’occasion pour essayer un maximum de choses ! :-) Nous passons le reste de la semaine à explorer la région à mobylette, découvrant des grottes à bouddhas, des jardins fleuris dédiés à Shiva et à d’autres divinités, des temples dorés… Nous découvrons le parc naturel d’Erawan et traversons ses forets pour atteindre les 7 niveaux de sa cascade. A chaque niveau apparait une nouvelle chute d’eau, serpentant entre les arbres et atterrissant dans un petit bassin d’eau bleue qui abonde de petits poissons chatouillant les pieds. Un petit paradis naturel, si ce n’est les nombreux touristes qui hantent les niveaux inférieurs… Au fur et à mesure de l’ascension, ils se font de plus en plus rares et le décor se fait de plus en plus enchanteur et récompense l’effort de la montée. Nous explorons les rives de la rivière Kwai dans un long tail boat.


Nous reprenons ensuite le train en sens inverse, en direction du marché flottant de Damnoen Saduak où nous arrivons en soirée. Histoire d’éviter la foule de touristes débarquant par car le matin vers 9h00, nous décidons de passer la nuit sur place et de nous lever tôt pour explorer le marché. Nous louons un bateau et croisons des barques remplies de fruits et légumes, de cuisines flottantes servant des bols de soupe aux nouilles, passant d’une rive à l’autre en fonction des clients intéressés sur les berges. Un magnifique festival de couleurs glissant sur l’eau.


De retour à bangkok, nous explorons l’immense marché de Chatuchak, avec son dédale d’allées étroites où on se perd, même avec un plan ! On y trouve de tout, des antiquités, de l’art et artisanat, des vêtements, des meubles, des animaux, des souvenirs pour touristes, des bijoux, de la déco pour resto… mais il faudrait des jours pour l’explorer dans son entièreté ! Les ladyboys sont plus que fréquent(e)s à Bangkok, on en croise à tous les coins de rues… elles organisent même des cabarets, dont nous assistons à une représentation, impressionnés par leur haut degré de perfection au féminin ;-) si ce n’est leur incapacité à apprendre à danser de manière féminine (ben oui, il n’y a pas qu’à traverser la scène en balançant des hanches !).


Et, après cette semaine passée ensemble, je dois dire que mes parents se sont révélés de très bons backpackers et que j’ai découvert d’où me venais ma fibre de voyageuse ;-) : ils ne reculent ni devant les matelas durs et les salles de bain communes des guesthouses bon marché, ni devant la nourriture de rue consommée dans des endroits pas toujours ragoutants au premier abord (nourriture qu’ils ont adorée, mais qui n’aimerait pas ça, franchement, c’est une des meilleures du monde quand on tombe bien), ni devant un trajet « un peu chaud et inconfortable » dans un bus ou un train local, ni devant la traversée des campagnes en mobylette à toute vitesse pour arriver avant la fermeture d’un temple, ni devant un réveil matinal pour voir les côté les plus traditionnels du marché flottant., etc…). Bref, c’est très fière d’eux et reconnaissante d’être venus nous rejoindre aussi loin, s’ouvrant à un autre style de voyage, que je les quitte pour les prochains mois, les laissant à la suite de leur voyage.


et voici de nouvelles photos pour illustrer tout cela

Beaches in Bali

C’est donc à contrecœur que nous quittons Ubud, mais la curiosité de découvrir les autres aspects de Bali nous prend au ventre au bout d’un moment, ainsi que la passion de la plongée de mes 3 compagnons de voyage. A défaut de nous diriger vers les îles Guilli (dont le nom me plaisait pourtant beaucoup), une destination de plongée réputée mais aléatoire en cette saison des pluies, nous prenons le cap vers Ahmed, un spot de snorkelling recommandé dans notre guide de voyage… mauvais choix, en cette saison une couche d’eau sale s’est accumulée à la surface de la mer et nous cache les jardins coralliens, 2 mètres plus bas. Tout n’est pas perdu, Phil et Serge en profitent pour faire d’intéressantes plongées de jour et de nuit sur une épave japonaise, tandis que Raf et moi profitons de la piscine de notre guesthouse, la plage de sable noir étant moins tentante…

Nous prenons ensuite la route vers le sud de Bali et ses plages touristiques, nous basant à Seminyak dans un magnifique petit hôtel pour la dernière nuit de Raf et Serge… Ressort discret à la déco raffinée, et à la piscine bleu foncée dans un joli petit jardin tropical. Nous en profitons pour passer la soirée à Kuta, la station balnéaire voisine. Kuta est tristement célèbre pour les attentas qui y ont eu lieu en 2002, tuant un peu moins de 200 fêtards dans une boîte de nuit et en blessant 300…. Aujourd’hui, si ce n’est un mémorial érigé à la mémoire des victimes et un souvenir traumatisant pour les patrons des bars et boites avoisinantes, la fête y atteint à nouveau son paroxysme dans les boîtes, cafés karaokés (la cacophonie intégrale, je vous assure, rien à voir avec la pratique du karaoké tellement prise au sérieux an Asie), bars dansants où les cocktails se boivent à la gourde d’un litre (un détail pratique pour danser d’une part, et être vite saoul d’autre part). Loin du noir souvenir de 2002, Kuta revit et est aujourd’hui emportée par un raz-de-marée de jeunes australiens en mal d’alcool, de fêtes et de drogue. En effet, malgré la menace de la peine de mort (appliquée, nationalité étrangère ou non), la drogue y est proposée à tous les coins de rue. On se joint à la fête et on termine au Bounty, la célèbre boîte de nuit balinaise, l'ambiance des boîtes déchire, sauf qu'il faut avouer que par moments, on s’y est senti un peu vieux, trentenaires ou presque parmi les moins de 20 ans :-))))

La jungle de Kuta est bien loin de la culture locale, mais ce ne sont pas les locaux qui vont s’en plaindre, le tourisme leur rapportant plus de 50% de ses revenus à l’île.

Vient ensuite le temps des au revoirs… Serge rentre vers l’Europe er Raf vers l’Australie, malgré les caprices du volcan Bromo qui a fait des siennes 48 heures plus tôt perturbant le trafic aérien indonésien (les volcans islandais sont plus doués pour cela apparemment !). Après tout ce périple entouré d'amis, Phil et moi reprenons la route à 2 en direction de la péninsule au sud de Bali pour une petite semaine en amoureux au paradis des surfeurs. Nous dégotons un petit hôtel perché sur une falaise surplombant la mer à Bingin, où la plage est séparée de la terre par un escalier de 450 marches creusées dans la roche (tout bon pour mes fesses ça, merci Servane :-) mais merci surtout pour la vue imprenable sur la mer turquoise bordée de falaise abruptes que nous avons depuis notre terrasse) ! On se croirait presque en Normandie (surtout pendant les ondées… sauf qu’ici, elles sont tropicales). Sur notre mobylette, nous explorons la péninsule et ses petites plages une à une. Phil en profite pour s’essayer au surf. Il finit avec un gros mal au épaules et un torse irrité par la cire de la planche, mais très fier d’avoir réussi à se mettre debout et à filer sur le sommet d’une vague ! Je l’observe depuis la plage, empêchant les singes tous proches de venir tout nous voler à la moindre occasion (grr sales bêtes, ils sont tellement agressifs que nous avons plus peur d’eux qu’eux de nous, et ils nous réveillent le matin quand ils viennent nous piquer nos ponchos plastico qui sèchent sur la terrasse !).

Après ces quelques jours de farnienté, il est temps de rejoindre Bangkok avant l’arrivée de mes parents.


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I love Bali

Telle Elizabeth Gilbert, je suis tombée amoureuse, non pas à, mais de Bali… Nous gagnons l’île depuis Java par un ferry (sans mal de mer cette fois, cool !), puis nous dirigeons directement vers Ubud, une petite ville située dans le centre de l’île et connue pour être au centre de sa culture. Nous avions initialement prévu d’y passer 3 nuits, nous y sommes finalement restés 10 jours ! Surprise totale : je m’attendais à une île ayant vendu son âme au tourisme, aux attraits se résumant à la plage, au surf, aux bars et diverses discothèques et aux ressorts de luxe, et je me suis en réalité retrouvée face à un paradis, touristique de fait, mais protégeant jalousement sa culture et empreint de spiritualité. Un surprenant mélange bien loin de mes aprioris et ayant un charme fou, charme sous lequel nous sommes tombés tous les 4, Phil, Raf, Serge et moi.

Ubud est un dédale de petites ruelles étroites ornées de statues et comporte un nombre incalculable de temples. En effet, chaque maison possède son propre temple, parfois minuscule, parfois de taille conséquente. Les propriétés familiales sont organisées en lotissement de divers petits pavillons au toit aux bords recourbés, et sont ornées de statues de divinités hindouistes, bouddhistes et animistes, en vieilles pierres grises et souvent couvertes de mousse. Les jardins regorgent de fleurs, et sont soigneusement entretenus. En effet, Bali est l’île aux fleurs, on en retrouve partout : sur les arbres, dans les cheveux des femmes, dans les petits paniers d’offrandes, sur les statues de pierre… Chaque jour, la maîtresse de maison dépose avec dévotion de petites offrandes aux pieds des statues et sur le sol à différents endroits de la propriété, sur la rue face à l’entrée, les véhicules qui y sont garés. Les habitants de l’île pensent que celle-ci est peuplée de dieux, d’ancêtres, d’esprits et de démons. Les offrandes ont pour but de leur démontrer leur respect et leur gratitude, et de maintenir les démons à distance. La maîtresse de maison passe donc un temps fou à préparer ces compositions, disposant harmonieusement dans des petits paniers végétaux de forme variée (qui sont fait maison ou achetable en kit) des fleurs, de l’encens et une petite offrande de nourriture (riz, cracker). On apprend vite à marcher sur les trottoirs d’Ubud en évitant de les renverser tous les 10 mètres ! A chaque heure du jour, Ubud embaume une légère odeur d’encens et de fleurs de frangipanier, un plaisir pour les sens.

A chaque coin de rue, on tombe sur une nouvelle surprise, attestant à quel point la culture traditionnelle est maintenue ici : procession en costume traditionnel, des gamins balinais en pleine répétition de danse traditionnelle, un orchestre de femmes répétant un concert de musique locale (une sorte de capharnaüm organisé et mélodieux qu’on aime bien mais qu’on trouve un peu lancinant et obsédant à force de l’entendre perpétuellement dans les rues), des femmes déambulant tranquillement, vêtues d’un sarong tenu par une ceinture, et apportant au temple une montagne de fruits savamment empilés et tenant en équilibre sur leur tête comme par magie. Dans nos déambulations hasardeuses, on tombe aussi sur des combats de coqs, un sport national, ici comme dans le reste de l’Asie et qui nous laisse perplexes par tant de barbarie ! Devant une foule d’hommes surexcités qui tendent des billets de banque au bookmaker, les « entraîneurs » excitent leur poulain en lui rebroussant les plumes du cou, en arrachant quelques unes au passage, avant de le lâcher sur l’adversaire avec, détail le plus barbare, une lame de couteau attachée à l’arrière d’une de ses pattes. Si le gagnant ne finit pas le perdant, l’arbitre les rassemble sous un panier et si l’explosion de violence qui s’ensuit ne suffit pas, le perdant finit chez le cuisinier, qui lui arrache plumes et pattes sans même prendre la peine de l’achever et le plonge dans la casserole. Comme je le disais, nous restons assez perplexes et dégoûtés face à cette tradition sanglante.

Nous assistons aussi à des spectacles de danses traditionnelles (Kechak et Legong). Mon scepticisme initial face à ces spectacles pour touristes se transforme vite en un émerveillement total face aux costumes dorés étincelants, à la grâce de danseuses et à leur impressionnante souplesse et finesse des mains et des doigts. Pour les danses Kechak, le fond sonore (peut-on dire musical ?) est produit non pas par des instruments mais par une chorale d’hommes de tout âge assis en rond autour de la scène centrale, torse nu et des fleurs dans les cheveux, chantant et caquetant énergiquement pendant le temps du spectacle. Et si on regarde bien au fond de la salle, on peut voir qu’en fait, il n’y a pas que les touristes qui profitent du spectacle, les locaux observent discrètement.

A partir d’Ubud, nous rayonnons dans la région en mobylette, le principal moyen de transport local. Nous partons nous perdre dans la région, au sens propre comme au sens figuré, les locaux nous indiquant systématiquement des directions un peu fantaisistes, se contredisant régulièrement quand nous prenons plusieurs avis. On finira par utiliser le GPS de l’I-Phone de Serge pour arriver à destination, c’est plus fiable :-). Sur les routes de Bali, nous découvrons des paysages de jungle tropicale magnifiques, et des rizières en terrasses verdoyantes à couper le souffle.

Nous profitons aussi des avantages touristiques de l’endroit (qui rapportent tout de même 50% de ses revenus à l’île). Hôtels à la déco magnifique (sur ce point, les Indonésiens sont encore plus doués que les Thaïs), les warungs, de bons petits restos locaux à la lumière tamisée, (pour la nourriture, même si les Indonésiens ne sont pas mauvais, les Thaïs restent les maitres), petits magasins de vêtements plus sympas les uns que les autres, boutiques d’antiquités comparables à des cavernes d’Ali Baba (qui donnent juste l’envie de ramener un containeur rempli de merveilles vers l’Europe, rien que ca, on se retient mais qu’est-ce que c’est dur avec tant de tentations, on pourrait finir notre budget de voyage ici et ouvrir un musée ! :-)

Et oui, c’est sans même avoir mis le pied sur une plage que nous sommes tombés sous le charme de Bali !

Retrouvez les photos sur

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Java, des volcans, des temples et des hommes

Nous nous envolons vers l’Indonésie, faisant escale le temps d’une soirée à Kuala Lumpur, en Malaisie. Cette escale nous permet d’y entrevoir Chinatown et les célèbres Twin Towers de KL, que nous admirons depuis un skybar assez fabuleux dans lequel de petits salons confortables sont diposés autour d’une énorme piscine, au milieu de laquelle flottent des lampions bleus, dans une ambiance musicale électro. Depuis la plupart des tables, on peut admirer les tours qui font face au bar au travers d’une énorme baie vitrée en sirotant un onéreux cocktail. Assez sympa il faut l’admettre ;-).

Quelques petites photos pour illustrer ca:

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Le lendemain avant l’aube, nous repartons, à moitié endormis, vers l’aéroport pour ne pas manquer notre avion vers Yogyakarta où nous attendent Raf et Serge. L’Indonésie est un archipel immense qui étend ses 17000 îles sur 5000 km le long de l’équateur. Ses 240 millions d’habitants, appartenant à des centaines d’ethnies et de cultures différentes et partageant, en plus de leur langue maternelle, une langue commune, vivent relativement bien leur nationalité commune (peut-être serait-il temps de prendre exemple ?). Dans ce pays, la plus grande nation musulmane du monde, l’islam a en grande partie remplacé l’hindouisme et le bouddhisme et côtoye de nombreuses autres religions et croyances. Etant donné qu’il nous faudrait des mois, voire des années pour visiter le pays dans son entièreté, nous avons choisi d’en explorer les îles de Java et de Bali.

Nous débarquons à Yogyakarta, ville frétillante de Java à l’impressionnant trafic de bus, de voitures, de calèches, de mobylettes, de vélo et de bécacs colorés (de petits pousses-pousses poussés par un vélo ou une mobylette pour les plus modernes). Les Javanais (tout comme les balinais, nous le découvriront plus tard) sont un peuple de gens souriants, bavards et aimables, passés maîtres dans l’art d’arnaquer le touriste avec le sourire. Nous découvrons à Yogya le marché aux oiseaux (et toutes sortes d’autres animaux), avec ses oiseaux de toutes sortes (utilisés dans des concours de chants), ses poussins multicolores (je suis complètement fan des turquoises), ses serpents venimeux, ses chauves souris et autres animaux bizarres. Des chiots sont vendus à des couples d’Indonésiens gaga, qui les abandonneront une fois qu’ils atteindront l’âge adulte, ajoutant ainsi un chien errant au nombre impressionnant qui sillonne les rues ici.

L’Indonésie est un pays où la nature est reine, er où l’homme ne peut que se soumettre humblement devant les forces des nombreux volcans en activité, des tremblement de terre à répétition et des tsunamis, … Chaque année, un grand nombre d’habitants doit être évacué car tel ou tel volcan a décidé de se réveiller… habitants qui reviendront obstinément se réinstaller sur les pentes volcaniques encore chaudes et fertilisées une fois l’éruption passée. C’est notamment le cas du volcan Merapi, qui est une menace permanente sur la ville de Yogyakarta où nous résidons, et qui est entré douze fois en éruption lors du siècle dernier. Sa dernière saute d’humeur date du mois d’octobre passé, date à laquelle il a recouvert de cendres une bonne partie de la région, et y a malheureusement fait de nombreux morts parmi les habitants du village voisin qui ont refusé d’évacuer malgré l’alerte donnée par l’observatoire local (un imbécile de gourou local avait prédit le contraire et les a convaincus de rester). Lors de nos déplacements dans la région, nous pouvons observer les dégâts encore visibles de l’éruption: des villages recouverts de cendres sur plus de 1,5 mètre d’épaisseur et d’énormes blocs de pierre (le déblaiement est toujours en cours), une coulée de lave qui a complètement recouvert la rivière, et à proximité du volcan, des maisons dont il ne reste rien, des arbres brûlés et complètement pliés, probablement soufflés par l’explosion du volcan. Les Indonésiens qui ne perdent pas le nord, ont transformé la zone sinistrée en attraction touristique, y installant de petites échoppes de bouffe, des toilettes, un droit d’entrée, vendant des DVD consacrés à la catastrophe … un peu sinistre non ?

Malgré les déchaînements des éléments naturels, les magnifiques temples anciens de Prambanan et de Borobudur, tout proches du Merapi, résistent au temps, depuis le dixième et le septième siècle environs. Ces grandes constructions hindouistes et bouddhistes se dressaient majestueusement dans la jungle environnante. Nous découvrons avec plaisir leurs vieilles pierres, leurs bas-reliefs et leurs statues de bouddhas (malheureusement trop souvent décapités, dont la tête a probablement fini dans un musée ou sur le buffet de collectionneurs quelconques ;-)). Ils sont régulièrement balayés de leurs cendres volcaniques par les autorités, comme c’est encore le cas aujourd’hui suite à l’éruption du mois d’octobre. Malheureusement, le temple de Prambanan a été fortement touché par le tremblement de terre de 2006, et de nombreux petits temples périphériques se sont écroulés.

De même que le Merapi, le Bromo fait savoir que la planète est mécontente… son éruption, qui dure depuis plus de 3 mois, recouvre les terres environnantes d’une épaisse boue noire, composée de cendres mélangée à la pluie, donne un aspect plus que sinistre au lieu. Nous décidons d’aller voir ce volcan, une des merveilles de l’île, depuis un point de vue situé sur la montagne voisine, située en dehors de la zone d’exclusion. Nous arrivons dans la zone la veille au soir, sous une pluie battante, roulant dans cette épaisse boue noire avec un 4X4 et passons une nuit froide dans un hôtel lugubre, à douter de ce que nous verrons le lendemain. Réveil à 3h30 pour escalader la montagne, à pied sous la pluie battante, dans l’espoir d’apercevoir le Bromo au lever du soleil… espoir décroissant à chaque pas de notre escalade… nous arrivons trempés jusqu’au os au sommet et, à l’aurore, nous pouvons y admirer… le nuage dans lequel nous sommes arrivés et où, en plus, il pleut toujours. :-)

Un coup dans l’eau, on ne va pas s’arrêter à ca, on repart en direction de la découverte… d’un autre volcan ! Pour l’atteindre, nous parcourons l’est de l’île sur de petites routes défoncées qui traversent une jungle épaisse et magnifique, un décor digne de Jurassic Park, avec des fougères arborescentes immenses, des lianes, des bananiers, des palmiers de toutes les formes, de petites cascades, des sources chaudes, etc… Nous passons la nuit dans un village constitué de petites maisons identiques et bien rangées, aux jardinets et potagers bien ordonnés, où on se croirait chez nos amis les hollandais, sauf qu’il y fait tropicalement chaud et humide, mais on y perçoit clairement l’influence de l’ex-colonisateur. Le lendemain, encore un réveil matinal pour nous escalader le volcan Ijen et voir… un nuage ? Non, aujourd’hui l’escalade se fait sous de meilleurs augures, bien que le temps soit un peu brumeux, il ne pleut pas. A Ijen, le volcan encore actif comporte une mine de soufre. Des mineurs de tous âges extraient ce soufre, qu’ils remontent sur de petits chemins étroits le long des pentes escarpées du cratère puis redescendent pour un salaire de misère. Ils portent ainsi avec sur l’épaule une planche de bois supportant 1 panier à chacune de ses extrémités et contenant des poids d’un total variant de 50 à 80 kg, et ce avec une force que leur corps frêle ne laisserait pas supposer. Raf, Phil et Serge tentent d’en soulever un, mais cet essai restera vain sans la technique adéquate. Nous empruntons avec eux le chemin des mineurs, remontant les pentes abruptes du volcan, et, coup de chance cette fois, arrivés au sommet, le nuage se dissipe et nous pouvons apercevoir le lac bleu turquoise dans le fond du cratère, qui crache sporadiquement une fumée soufrée que les mineurs respirent quotidiennement, et qui s’additionne à celle des cigarettes qu’ils fument lors de l’escalade.

Bref, une vie pas toujours facile pour les habitants de cette île où règnent les forces de la nature, mais néanmoins en plein développement et essor économique comme en atteste la vie dans les grandes villes. Nous la quittons en ferry en direction de Bali pour un peu de repos après tous ces réveils plus que matinaux ;-)

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Celui qui fêtait le nouvel an en Thailande entre amis


Petit break dans notre voyage : après 4 mois et demi d’Afrique, nous retournons vers l’Europe pour y passer les fêtes de Noël. Le contraste se marque dès l’aéroport de Casablanca où nous transitons : rien à voir avec l’aéroport de Ouaga : éclairage halogène, des carrelages blancs, tout est propre et pimpant, des toilettes où je ne me pose pas 10000 questions avant de m’y asseoir ! Nous retrouvons la famille et les amis après 4 mois et demi sans se voir, quel bonheur. La neige est aussi de la partie pour nous accueillir, et nous avons le plaisir de voir une Belgique toute blanche. Les repas et les sorties se succèdent, et nous sommes gavés de bons petits plats européens, bien consistants, qui nous aident à résister au froid polaire qui règne ici (nous avons quand même réalisé un total non négligeable de 4 raclettes, 1 tartiflette et 2 cheese and wine sur 15 jours, c’est sûr, on fait le plein de fromages pour les prochains mois :-)



On profite un maximum de la famille et des amis avant notre nouveau départ, direction l’Asie, pour 7 mois cette fois. Notre première destination est la Thaïlande, où nous avons prévu de passer la période du nouvel an avec plusieurs amis venant des quatre coins de la planète : Cathoche, Gaia, Pouliche, Glenn et Serge arrivant de Belgique, Kim de Singapour, Sayu et Nico de Hong Kong et Simone et Raf d’Australie, tous présents au rendez-vous donné à Koh Samui, une île paradisiaque (et bien touristique) située au large de la Thaïlande. La Thaïlande est un pays de services, où le touriste européen peut facilement se faire plaisir. Les Thaïlandais mettent un point d’honneur à ce que tout soit parfait et roule sans anicroche, toujours avec le sourire et une profonde gentillesse. Nous en profitons un max en se la jouant « gros touristes »: cocktails à gogo (avec tournée des bars pour désigner celui offrant la meilleur Piña Colada), jus de fruits frais et bons petits restos face à la mer, massages, shopping, délicieuse nourriture de rue, après-midis tranquilles sur la plage, spa fish hilarants (ca chatouille à mourir ces petites bêtes et l’absence visible de résultat me laisse perplexe),…



Glenn a eu la mauvaise idée de naître un 31 décembre… ca va être sa fête. Arrivé le 30 en soirée, minuit sonne à peine que la fête commence dans un bar où les serveuses thaïes dansent au milieu d’un kiosque et se font une joie de se joindre à nous, lui barbouillant le visage de talc et de rouge à lèvres… elles lui offrent des fleurs, des shots et de drôles de mixtures traditionnelles destinées à améliorer ses performances. L’ambiance est festive, les serveuses sont hyper enthousiastes et taquines et on se retrouve vite à danser avec elles autour de la barre en métal. Il faut admettre que nous sommes des clients idéaux, consommant sans modération et sans les mains baladeuses classiques des trop nombreux touristes sexuels gravitant dans la zone… Le lendemain, la fête d’anniversaire de Glenn est loin d’être terminée. On lui a réservé un service de réveil spécial, avec livraison du petit déjeuner par un room service de 8 fous furieux qui déboulent dans sa chambre pour sauter sur son lit et lancer des ballons. On l’embarque en direction d’un quai, où un voilier spécialement loué pour l’occasion nous attend. Journée de détente au large des côtes de Koh Samui, bronzette tranquille sur le pont, sur de bons vieux airs de Hit Connection des années 90 (merci Sayu et Nico), plongeons acrobatiques depuis le pont, malgré mon bon gros mal de mer, c’est trop bon de se retrouver tous ensemble. Retour vers la rive et une belle tempête tropicale pour clôturer la journée ! Impressionnant. Journée qui est en réalité loin d’être terminée vu qu’il nous reste à fêter le nouvel an. Diner chic (ou sensé l’être) dans un hôtel, on parvient à s’approprier quelques homards face à de gros russes qui jouent des coudes. La soirée continue sur la plage, à boire des cocktails (Gooooold strike) et à lancer des lanternes à souhait (des espèces de petits ballons de papier de riz dans lesquels on allume une mèche et qui s’envolent tels des montgolfières). La fête continue de plus belle dans un bar dansant en bord de plage, les fêtards dansent partout, sur la piste, la plage et dans l’eau. A minuit, un spectacle inouï s’offre à nous : des centaines de feu d’artifice explosent au dessus de la mer, dans un horizon pailleté par des lanternes à souhait. La côte est couverte des bars et de restos, dont chacun envoie son propre feu d’artifice, sans mesure de sécurité aucune, mais le spectacle est tellement à couper le souffle qu’aucun d’entre nous ne s’en inquiétera. On continue la soirée par un petit cantus au Mc Do, puis allons souhaiter la bonne année à nos copines les danseuses rencontrées la veille. On termine la soirée en nous mesurant à la maquerelle au Puissance 4. Une idée appréciée par les filles car quand le boss joue, elles ne sont pas forcées de danser. Bref, une soirée mémorable ce nouvel an 2011 !



Après ce petit séjour à la plage, nous partons avec les amis belges faire un petit tour en Thaïlande. Nous rejoignons la côte en ferry, en direction du parc naturel de Khao Sak, où nous avons réservé une cabane dans les arbres au milieu d’une forêt tropicale hyper humide et envahie de moustiques (c’est Pouliche, leur grande amie, qui est contente). Nous partons faire une ballade en bateau sur un lac entouré de montagnes karstiques escarpées aux parois couvertes de forêts luxuriantes. Notre route se poursuit ensuite vers Khao Lak, une des stations balnéaires dévastées par le tsunami en 2004, dont les seuls vestiges sont les flèches indiquant la direction et la distance du point culminant le plus proche en cas de nouveau tremblement de terre et des photos exposées dans les devantures des magasins. Drôle de sentiment que de se retrouver sur les lieux de la catastrophe, 6 ans plus tard, d’imaginer ce que les gens ont vécu ce jour là, et de se dire que les habitants travaillant ici aujourd’hui y ont très probablement perdu un ou plusieurs membres de leur famille. Mais le but de notre présence est loin d’être du tourisme macabre : Khao lak est notre point de chute pour une journée de snorkeling sur les côtes des îles Similan ou Surin, dont le choix se portera finalement sur Surin suite aux disponibilités. Journée de détente à bord d’un hors-bord, grande vitesse cette fois. Notre petite bande en squatte toute la partie avant, aménagée en petit salon de plein air, avec l’impression d’être seuls à bords, admirant les magnifiques côtes des îles que nous croisons et leurs eaux turquoises, et snorkelant au milieu des poissons tropicaux, des tortues et d’invisibles requins ;-) Déception tout de même car des coraux, il ne reste que le récif blanchi, leur mortalité étant survenue suite à un changement de température d’après ce qu’on nous dit ici. Invasion d’acanthaster, dont on voit quelques individus ? S’ensuivent nos dernières journées de farniente sur la plage tous ensemble, avant d’embarquer en direction de Chiang Mai où visites de la ville et de ses temples dorés et balades dans la jungle à dos d’éléphant sont au programme. Au travers de la ville, on croise de petits marchés, où sont vendus des fruits et légumes colorés et odorants (pas de durian ici néanmoins), des épices de toutes sortes, des poissons s’agitant dans leur bains avant de se faire découper, des nouilles de toutes les formes et de toutes les couleurs (il y en a même des vertes et des roses) et bien d’autres produits qui nous donnent l’envie de nous essayer à cette cuisine délicieuse, ce que nous ajoutons au programme. Etant à Chiang Mai le dimanche soir, nous pouvons profiter de son célèbre marché du soir, où déambulent nonchalamment les locaux et les touristes au milieu d’échoppes colorées où sont vendus divers produits et objets de l’artisanat local. La succession d’échoppes se prolonge même dans la cour des temples bordant la rue principale, se spécialisant parfois dans une nourriture délicieuse, variée, pas chère, et parfois aussi un peu bizarroïde. Qui va tenter les grillons grillés ou le thé vert fluo où macèrent des sortes de nouilles ? Si c’est liquide, ce sera Serge bien sûr ;-)



Le lendemain, les petits belges nous quittent le temps d’une soirée en direction de Bangkok, nous laissant Phil et moi en amoureux profiter d’un divin de moment de relaxation dans un spa magnifique de Chiang Mai. On les rejoint le lendemain dans le centre de Bangkok pour le lunch, une orgie de sushis et fruit de mer à plonger dans une fondue bouillante, dont les ingrédients défilent sur tapis roulant devant nos mines gourmandes. Nous devons ensuite nous résoudre à les quitter, pour longtemps cette fois :-(, pour prendre notre avion s’envolant vers de nouvelles aventures indonésiennes avec Raf et Serge qui nous attendent là-bas.



Et les photos:


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